Archives pour la catégorie Spiritualité

Jour de Noces

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Islam et Modernité ! Voilà un couple tout à fait détonnant que certains esprits chagrins dénoncèrent comme mal assorti, inharmonieux et sujet aux incompréhensions fondamentales. Et pourtant voyez aujourd’hui comme tous les êtres de bonne volonté de nos latitudes s’agitent, piaffent et se livrent aux plus improbables contorsions philosophiques pour tenter de les unir. Mais enfin quelle énergie féroce et souterraine actionne tous ces témoins empressés qui grondent devant le parvis?

Ils sont quelques uns les chansonniers des droits de l’homme et en bons convives de la famille de la mariée, ils nourrissent quelques certitudes quand aux clauses préalables de l’union. C’est pourquoi, on les aperçoit roides, le coup tendu et les bras chargés de lettres de doléances devant un gendre rougissant et inquiet. « Il vous faudra bien évidemment réformer ceci et changer cela » s’écrient-ils « Et peut-être même occulter ce verset-ci, obscurcir celui-là et à coup sûr escamoter cette sourate entière. C’est plus sûr ainsi. On ne risquerait plus alors de fâcher ni les femmes, ni les végétariens, ni les veaux d’abattoir. »
Le gendre épuisé mais conciliant, s’attelle alors à soupeser le poids de cette coalition d’intérêts particuliers et si hautement supérieurs à sa mission de concorde et de consolation universelle. Son regard las se promène sur les convives repus et finit par s’arrêter sur un vieil homme courbé et à la barbe terne, assis dans une alcôve à l’écart.

Islam le rejoint sous l’arceau de la pierre froide et le vieil homme courbé relève alors son visage où se lit les restes d’une ancienne noblesse. Islam le reconnaît tout à coup, il s’agit de M Christian, l’ancien époux de la future jeune mariée. Il ne lui ai parvenu que quelques faits bruts au sujet de l’ancienne union de sa promise avec un homme prospère d’un certain âge mais que son mariage accula à la faillite. Islam se sent tout à coup gêné de se trouver là mais pourtant lorsque son regard balaie à nouveau l’assistance vrombissante et fiévreuse, il ne parvient pas à décider son cœur à quitter ce havre de paix et de silence. Alors il reste là, les bras croisés, pensif et au fond un peu peiné que personne ne se soucie de lui. Au contraire, chacun s’empresse de présenter ses vœux de prospérité à la mariée, qui les reçoit un rictus de contentement aux coins des lèvres.

M Christian ne dit mot et pourtant Islam lit sur les traits, les postures et le front de cet homme tous les stigmates d’une vie héroïque érodée par les compromissions graduelles auxquelles se livra son âme, péchant contre elle même et trahissant tout jusqu’à son essence. La ride supérieure de ce front miné ne crie-t-elle pas le témoignage d’une vie d’or, d’encens et de myrrhe sacrifiée sur l’autel impie d’idées aussi neuves et glacées que le marbre qu’elles usurpèrent ? Et celle-ci se jetant dans le puits creusé entre les deux sourcils, n’a t-elle pas l’air de pleurer la trahison d’une enfant capricieuse, froide et imbue d’elle même ?

Islam regarde alors sa promise enserrée dans l’essaim bourdonnant de ces hommes qui proclament si volontiers leur parenté avec les lumières. Mais à quel foyer furent-elles donc puisées leurs admirables lumières ? N’est-ce pas à cet homme résigné et silencieux que fut arraché chaque scintillation? Toutes les pierreries qui ornent ces êtres grossiers, si prompts à occire leur aïeux ne couronnèrent t-elles pas un jour d’authentiques rois de la terre ?

Islam le cœur serré, s’interroge sur ce qu’il lui coûterait de s’enfuir là tout de suite de ce banquet infâme où l’on sacrifie le cœur à la raison. Il lorgne alors vers la lumière du dehors et l’âme en balance, acquiert la certitude qu’aujourd’hui se joue sa destinée qui pour se prolonger matériellement n’en est pas moins vouée à une apoplexie lente et programmée. Mais les marchands de lumière si avides de sève et de jeunesse ne cesseront pas un seul instant de le couver jalousement du regard.

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AKBAR, Empereur du Hindoustan

AKBAR, Empereur du Hindoustan dans Histoire Akbar

Peu de monarques façonnèrent le destin de l’Inde comme le fit l’Empereur Jalālu d-Dīn Muḥammad Akbar. Guerrier inspiré, poète et homme de foi, la figure providentielle de l’empereur Akbar ne fut pas sans rappeler au petit peuple du Hindoustan de la fin du XVIème siècle, la figure radieuse du Dieu Krishna.

Et de fait son règne fut celui de l’Union des spiritualités car il puisait au cœur de la doctrine soufie la conviction du lien intrinsèque unissant les grandes religions de son vaste empire. C’est pourquoi il ira jusqu’à professer une doctrine de l’unité suprême baptisée ‘Tauhid-I-Ilâhî’ (Le Divin Monothéisme). Et il donnera la parole dans sa ‘Ibadat Khana (maison d’adoration) temple de l’Unicité construit sur les hauteurs de  Fatehpur Sikri, à des représentants de tous les courants religieux. Hindous, musulmans, jaïns, mazdéens et même jésuites se presseront à ses assemblées du jeudi .

Mais si l’Empereur Akbar rappelle la figure du Dieu Krishna, c’est aussi par son union avec la princesse Rajput, Mariam-uz-Zamani avatar de la déesse Radha en son temps par la grâce et la présence d’esprit. Cette union amènera la concorde entre les princes rajputs hindous et l’empire moghol conquérant. Cette union est célébrée dans les fables populaires indiennes et l’hommage le plus récent est celui du cinéaste indien Ashutosh Gowariker dans son film ‘Jodha Akbar’.

La bande originale est du compositeur mondialement renommé, A.R Rahman et la chanson ‘Khwaja Mere Khwaja’ (Ô Saint Kwaja) est une formidable ode mystique telles qu’ils s’en élevaient de la cour de l’Empereur Akbar qui abritait les neufs joyaux de son temps, poètes, musiciens et intellectuels parmi lesquels Tansen le père de la musique classique indienne.

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L’Imagination Active ou l’organe de la connaissance

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Miniature représentant le prophète Muhammad et son ascension céleste lors du voyage nocturne (Mi-raj). L’ascension s’effectue en chevauchant le Bouraq créature fabuleuse symbolisant l’Imagination Active.

S’il paraît évident pour tout un chacun qu’une faculté ne peut s’exercer qu’à travers un organe, la vision s’exerçant à travers les yeux, l’ouïe à travers les oreilles, l’odorat grâce au nez, n’existe-il pas un organe à travers lequel se développe la connaissance ? Le théosophe oriental Sohrawardi nous signala dans son ouvrage « L’archange empourpré » (voir l’article, « Une brève anatomie de l’âme ») qu’outre les cinq sens externes (ouïe, vue, odorat, toucher, goût) il existe également cinq sens internes (le sensorium, l’imagination représentative, la faculté estimative, la faculté méditative et la faculté mémorielle). Ces dix sens étageant l’entendement humain et lui conférant sa capacité à prendre conscience et à interagir avec son environnement.
Mais parmi ces dix sens attribués à l’âme humaine, il en un qui se distingue tout particulièrement des autres ; l’Imagination Active ou la faculté méditative. C’est à cet organe ou cette faculté de l’âme que s’adressent en priorité toutes les traditions religieuses de l’humanité. Elle est la destinataire principale des mythes et symboles religieux et la seule à même d’en goûter toute la profondeur.

Pourtant lorsque l’on évoque le mot « imagination » nous y associons de manière commune et systématique l’idée d’affabulation, d’illusion, d’invention et de divagation. Car lorsque l’imagination met en scène les fantasmes de l’ego, cette faculté à la puissance redoutable et aux ressources inépuisables peut entraîner son possesseur dans des troubles psychiques d’une intense gravité. C’est pourquoi la mise en branle de cette faculté doit être entourée d’infinies précautions. Dans les sociétés chamaniques à caractère initiatique, l’entrée en transe et la sortie du réel ne s’effectuait que sous le contrôle et l’autorité spirituelle du guide. Car si l’Imagination Active procède à une sortie de la réalité objective, sa destination dépend entièrement de la qualité de son possesseur. Il n’est ici pas question des productions éphémères et plaisantes de l’imaginaire mais de l’accès à un monde aux productions subtiles, immatériel et peuplé d’idées images et de figures archétypes. C’est le monde intelligible que Platon opposait au monde sensible, un monde parfaitement réel quoique immatériel et qui est à la racine du monde manifesté que nous expérimentons. L’Imagination Active est la porte qui mène l’homme hors de lui même ou hors de la réalité qu’il expérimente au quotidien.
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Mais beaucoup aujourd’hui ne considèrent l’imagination que comme un produit des sens, une création du mental en réponse au quotidien. Alors que l’imagination ouvre sur des mondes parfaitement authentiques, des mondes à la racine de celui que nous définissons comme le monde réel mais qui n’est ni plus, ni moins que le fruit de notre expérience collective.
Ces autres mondes sont connus et nommés par les traditions religieuses. Il faut d’emblée les rattacher à la composition tripartite de l’être humain ;corps, âme et esprit. Ainsi le corps correspond aux éléments physiques et matériels (réalité objective), l’âme aux éléments psychiques et subtils et l’esprit à l’élément spirituel, immatériel et lumineux. Tel que nous l’enseigne le premier épître de Saint Paul aux Thessaloniciens: « Que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps soient conservés sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. » (Thessaloniciens 5.23)

La tradition musulmane nomme les trois mondes : Al-dunyâ, Al-barzakh et Al-âkhira. Al-dunyâ étant notre monde manifesté, le monde matériel et Al-âkhira le monde de l’au-delà, Al-barzakh constitue le monde intermédiaire, tel qu’il est dit dans le Coran : « Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers : l’une douce,rafraîchissante, l’autre salée, amère. Et IL assigne entre les deux une zone intermédiaire et un barrage infranchissable. » (Sourate « Al-Furqan »- Verset 53) Ainsi entre l’eau douce, le monde spirituel et l’eau salée, le monde matériel, il existe une barrière qui constitue un monde intermédiaire désigné par le mot arabe : barzakh.
Et dans cet autre verset : « Les deux mers ne sont pas identiques : (l’eau de) celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-là est salée, amère. Cependant de chacune vous mangez une chaire fraîche, et vous extrayez un ornement que vous portez. Et tu vois le vaisseau fendre l’eau avec bruit, pour que vous cherchiez certains (des produits) de Sa grâce. Peut-être serez-vous reconnaissants» sourate Fatir, verset 12.
Ainsi la navigation entre ces deux eaux s’effectue-t-elle sur un vaisseau et ce vaisseau c’est l’Imagination Active. Cependant l’Islam comme toutes les traditions religieuses nous signale qu’il n’est absolument pas anodin de chercher à franchir cette barrière. Car le monde intermédiaire ou monde de l’âme est un monde périlleux. Si l’être est sous l’emprise de son ego, ce monde se révèle peuplé d’innombrables dangers, les figures et images que l’on y rencontre y font écho aux tourments égotiques de l’âme. Ainsi les anciennes mythologies nous peignent-elles le portrait de ces êtres terrifiants qui peuplent le seuil, sphinx et autres chimères, dont le caractère hybride révèle la fonction de gardien entre deux mondes infiniment différents. La puissance des champs vierges du monde intermédiaire ne sont accessibles qu’aux êtres qui parviennent à affronter le gardien du seuil. L’ascension dans les mondes supérieurs ne s’obtient qu’à ce prix. Le gardien du seuil constitue la somme des dettes karmiques contractées par l’individu au cours de ses vies précédentes matérialisée en un être autonome. Cette figure fut notamment développée par le théosophe autrichien Rudolf Steiner.
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Si lors de cette rencontre, l’Imagination est sous l’emprise des appétits concupiscibles et irascibles de l’âme, elle n’aboutira qu’à des activités mentales stimulées par les productions des représentations sensorielles. Ces activités mentales sans fondement seront alors appelés « phantasis » et pourront dégénérer en pathologies induites par la contemplation de ces formes-pensées négatives. Il en résultera des angoisses tenaces, des passions destructrices, des peurs irrationnelles et toutes sortes de pensées morbides. Il importera donc de ne pas ouvrir l’écoutille que constitue l’Imagination Active sans avoir au préalable travaillé à lever les voiles de l’âme, c’est à dire entrepris le chemin du perfectionnement de soi.

Et ce processus s’enclenche lorsque la conscience se réoriente, lorsqu’elle se détache du monde extérieur pour se tourner vers son monde intérieur, lorsqu’elle entreprend le voyage depuis l’occident et les ténèbres de la matière jusqu’à l’Orient ou le monde des lumières archangéliques. Il lui faut pour cela, rompre l’emprise des dix liens ou dix facultés internes et externes. Cet état n’est effectif pour la plupart des êtres qu’au moment de la mort mais il devient accessible à ceux qui entreprennent de leur vivant le chemin du détachement total ou mort de l’ego. C’est le sens de la parole du prophète Muhammad : « Mourez avant de mourir !» et celle de l’Evangile de Saint Mathieu : « Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. »
On comprend alors tout le sens du concept de guerre sainte, Jihad et de la nécessité de prendre le glaive contre les passions de l’âme. Ainsi « Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Saint Matthieu 10, 34.
Il n’est destiné à la terre, lieu de la manifestation matérielle que le glaive, la fin, et la disparition totale. « Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître. [Seule] subsistera La Face [Wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. » Sourate Al Rahman, 26, 27.

Ainsi puisque le corps appartient au monde matériel et est par conséquent périssable, c’est par la seule rééducation de son âme que l’homme échappera à la destruction. Après s’être coupé des illusions du monde extérieur, l’âme devra s’orienter vers son Orient et rechercher l’union avec l’Esprit qui appartient aux mondes célestes, c’est ce que l’on nomme les noces alchimiques. En alchimie, l’esprit est représenté par le soleil et l’âme par la lune. Celle-ci aura donc pour fonction de réfléchir les lumières de l’Orient ou monde de l’esprit.

L’Imagination Active, outil propre à l’âme devient alors un organe de perception apte à refléter les lumières des mondes supérieurs. Elle est donc l’organe de la connaissance par excellence, puisque c’est par elle que l’on accède au divin. Ainsi dans le récit coranique de Moise sur le Mont Sinaï, elle est assimilée à la montagne lorsque le prophète demande la vision à Dieu et qu’il lui ai répondu: 
« Tu ne me verras pas, reprit Dieu, regarde plutôt la montagne. Si elle reste immobile à sa place tu me verras. Et lorsque Dieu se manifesta sur la montage, il la réduisit en pous­sière. Moïse tomba évanoui la face contre terre. » Sourate Al-A’râf, 138.
Il est ici fait mention de la « phantasis » ou imagination corrompue qui est cette montagne perpétuellement en mouvement dans les choses sensibles et qui s’interpose entre le monde intellectif et l’âme.
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L’Imagination Active bien loin de constituer un outil superflu du mental, est en réalité un enjeu central au cœur de la notion d’inconscient collectif et que tentent de maîtriser toutes les formes de pouvoir. Elle est l’objet de toutes les convoitises car c’est par elle que l’on aliène l’individu de façon certaine à une idéologie particulière. Le défi principal d’un pouvoir quelconque est la captation de cette Imagination Active par l’inoculation d’idées-images et de concepts choisis. C’est pourquoi malgré ce qu’on l’on aimerait bien nous faire croire les productions culturelles génératrices d’idées-images comme le cinéma n’ont pas pour seule finalité, un divertissement anodin mais sont à l’origine d’un véritable détournement de la faculté imaginative à des fins de contrôle de l’inconscient collectif. La liberté ne s’obtient donc que par le retour en soi et l’éloignement des idées-images produites par l’extérieur. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre l’interdiction de représentation en Islam.

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L’amour, dans la tradition poétique musulmane

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Peinture du maître Mahmoud Farschchian.

L’amour est sans conteste le thème privilégié de toute œuvre poétique. Mais si la poésie d’Edmond Rostand, de Lord Byron ou de Baudelaire s’attache avant tout à mettre en vers les mille et unes facettes du sentiment amoureux, c’est avec une profondeur renouvelée que les poètes musulmans s’emparent de celle-ci et l’admette comme un subtil instrument du dialogue avec le divin.

Au demeurant ce qui est frappant dans les œuvres philosophiques et littéraires de grands maitres spirituels tels que Jalāl ad-Dīn Rûmi, Ibn Arabî ou encore Farīd al-Dīn Attâr, c’est que leur poésie non seulement ne s’affranchit pas des codes du genre tels que l’hommage à la beauté de l’être aimé, la description des différents états amoureux, ou encore le recours aux mécanismes métaphoriques, mais en exploite au contraire tous les ressorts.
Ainsi Dieu est désigné comme « le bien aimé » ou « l’aimé », le poète se désigne comme l’amant. Le poète se met lui même en quête de la grâce de l’objet de son amour et décrit les états de trouble, de désir, de passion et d’extase que produit en lui l’ascension spirituelle. Les allégories liées aux éléments abondent. Dieu est désigné comme l’océan d’amour que cherche à atteindre le chercheur de vérité. Dieu est également symbolisé comme la lumière, la flamme qui tantôt captive et tantôt consume le pèlerin.

Comme pour toute forme d’amour, l’amour spirituel a pour finalité l’union. Ainsi Ibn Arabî affirme dans son Traité de l’Amour que « la finalité de l’amour spirituel est la réunification ou identification (Ittihâd) qui implique que l’essence de l’aimé (dhât al-mahbûb) devienne l’essence même de l’amant (ayn dhât al-muhbibb) et l’essence de l’amant, l’essence même de l’aimé. Il conclut par ce simple vers : « Je suis celui que j’aime et celui que j’aime c’est moi ! », réaffirmant par là, le principe d’unicité de Dieu, fondement de la foi musulmane.

La poésie est ainsi un vecteur privilégié de l’exégèse spiritualiste car elle seule permet de rendre compte de la diversité de sensations et d’émotions engendrées par l’élévation dans les différentes stations spirituelles. L’imagerie et le symbolisme en sont les instruments. La symbolique du voile censé couvrir le visage de Dieu est couramment utilisée, sans doute comme rappel du voyage nocturne du prophète Muhammad à travers les différents cieux, lors de la nuit de Mirâj, quand un à un il dut écarter les voiles placés devant la lumière divine. Rûmi affirme « Derrière le voile existe tant de beauté ; là est mon être. »
D’autres symboliques parfois surprenantes comme le vin ou l’ivresse sont également utilisées par les poètes spiritualistes. Le plus connu des chantres de l’ivresse, le poète persan Omar Khayyâm disait dans un de ses célèbres quatrains : « Reste en compagnie du vin, c’est là le royaume de Mahmoud ».
En définitive à travers les siècles et les courants spirituels, la poésie s’est imposée comme la plus belle ambassadrice de l’amour de l’amour que constitue la passion de Dieu.

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