La démocratie à l’épreuve des lois cosmiques

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Picasso, prophète de notre ère?

La démocratie se présentant aujourd’hui comme le système de gouvernance archétype d’une civilisation avancée, le point de parachèvement permettant d’évaluer la bonification d’une société humaine, l’idéal à atteindre et à propager coûte que coûte aux peuples du monde par tous les moyens même les plus coercitifs, il nous est apparu souhaitable de mettre en perspective cet idéal avec les systèmes qui régissent l’univers, c’est après tout la moindre des choses pour un système à vocation universaliste.

La forme de démocratie ayant cours aujourd’hui est la démocratie représentative à deux assemblées née autour du VI siècle avant JC à Athènes. Cette forme de démocratie fut sans doute le moyen le plus efficace pour imposer les revendications des 40 000 citoyens d’Athènes aux quelques autres 200 000 habitants non citoyens. Et la démocratie telle que la vivons aujourd’hui est une continuité de cette lointaine oligarchie que l’on nous présente comme enrichie de la représentativité des femmes et l’abolition du statut d’esclave. Ainsi la gouvernance d’une poignée d’hommes choisis par la majorité est admise comme étant le système de gouvernance le plus équitable et le plus respectueux des droits de chacun. Et les deux assises sur lesquelles repose ce régime idéal sont; le vote et le règne des assemblées. Examinons donc la valeur de ce système de gouvernance au regard des lois qui régissent l’univers, analysons la loi des hommes à la lumière des lois cosmiques.

N’en déplaise à certains notre système solaire est régi par un souverain implacable, seul dispensateur de chaleur et de lumière et qui est à l’origine de toute forme de vie sur terre ; j’ai nommé sa majesté l’astre du jour. Ce monarque absolu règne sans partage, se dispensant volontiers d’une assemblée porteuse des revendications de ses sujets. Il ne fut en aucun cas élu ni à la grâce du scrutin nominatif ni à celle du scrutin proportionnel puisqu’il incarne le canon de la royauté de toute éternité. Et c’est non sans sagesse que les monarques de la terre depuis les temps immémoriaux et dans chaque civilisation se réclamèrent de son haut patronage. Car la première des lois régissant l’univers est celle de la hiérarchie. Les planètes soumises à l’attraction du souverain effectuent leur cérémonial dévotionnel au travers de perpétuelles révolutions. Et le suffrage n’intervient en aucun cas dans les lois de la physique. La loi de la gravité est-elle révocable par une assemblée fut-elle représentative de l’ensemble des êtres vivants ?

Les lois de la biologie obéissent également au principe de la hiérarchie, le fonctionnement du corps humain en est l’exemple le plus frappant. Le centre de décision est éminemment centralisé dans le corps humain et chaque organe et chaque cellule obéit à une fonction prédestinée et non librement choisie. C’est pourquoi avant l’ère moderne, lorsque les sociétés humaines aspiraient encore à s’intégrer à l’ordre cosmique, le système des castes était le système prévalent,aussi bien chez les peuls ou les khassonkés d’Afrique de l’ouest que dans le Japon médiéval sous l’ancien système de lois ritsuryo. Ce système de castes organisait la société à l’image du corps humain privilégiant la complémentarité et l’union de ses membres. Ce célèbre hymne du Rig véda, les saintes écritures hindoues, en étant la meilleure illustration : « Qu’est-il advenu de la bouche de l’esprit cosmique ? Qu’est-il advenu de ses deux bras ? Qu’est-il advenu de ses deux cuisses ? Comment ses deux pieds se sont-ils appelés ? De sa bouche sont venus les brahmanes. De ses deux bras est venu le rajanya (les kshatriya) De ses deux cuisses sont venus les vaishya. De ses deux pieds sont venus les shudras ». Les brahmanes détiennent le pouvoir sacerdotal et gouvernent le devenir des âmes, les kshatriya le pouvoir temporel et le rôle de législateurs, les vaishya ont la charge de produire les biens et ont l’initiative économique enfin les shudras sont des serviteurs.
caste_system dans Histoire
Il est tout à fait courant en Occident de s’indigner du caractère inique du système de castes hindou, mais force est de constater que ce système de castes a pour finalité première la coopération et l’union de ses membres à travers la complémentarité de leurs fonctions. Car chaque caste participe par sa fonction au bien être de la communauté et est par essence indispensable à la collectivité, il n’existe donc pas de chômage. D’autre part la finalité première étant la préservation de l’intérêt de la communauté , une caste renoncera à ses prérogatives si le devenir de la communauté est dans la balance. Ainsi la caste des vaishya, celle des commerçants se verra contrainte de vendre à perte si le fait pour elle de réaliser des profits engendre une pénurie dommageable à la communauté. Ce cas de figure est évidemment impensable aujourd’hui puisque l’on demande à l’ensemble des nations d’Europe de sacrifier leur avenir au profit des marchés.
Si dans un régime démocratique l’équité est réputée résider dans la liberté individuelle, dans un système hiérarchique l’équité réside dans la primauté de l’intérêt collectif. Car finalement l’injustice réside t-elle davantage dans la privation des libertés individuelles y compris les plus invraisemblables, que dans le non respect de l’intérêt du plus grand nombre? Force est de constater que la hiérarchie constitue un élément de l’ordre naturel dont l’addition de libertés individuelles aggrave le caractère inique.

D’autre part la structure mentale et psychologique de l’individu est symptomatique de la structure de la société. Cela les civilisations antiques l’avaient bien compris, elles qui s’efforçaient de faire coïncider l’organisation de la société avec l’organisation de l’esprit et du corps humain afin qu’il en résulte un meilleur être de l’individu. Nous pouvons convoquer ici l’allégorie de l’attelage ailé développée par Platon dans son Phèdre. Le cocher figurant la raison dirige un attelage où sont appareillés un cheval blanc et un cheval noir, le premier figurant les appétits irascibles de l’individu, le second ses appétits concupiscibles. Qu’advient-il alors lorsqu’une société se retrouve dirigée non par la tête mais par les cuisses ? Lorsque l’intérêt marchand vient à primer la dignité humaine ? Il en résulte une propension à l’autodestruction de tout le système. Le vaishya n’étant pas habilité à gouverner les âmes, il déterminera que l’âme n’existe pas en instaurant l’athéisme comme religion d’état. Le vaishya nourissant une grande défiance à l’égard des notions de noblesse, de vaillance et de don de soi humiliera le kshatriya en extirpant les vertus viriles au profit d’une promotion stratégique du féminisme. Enfin le vaishya rétrogradera les shudras du statut de serviteurs à celui d’esclaves économiques.

Peut-on encore s’étonner devant cette nécrose programmée de notre société que la maladie du siècle soit le cancer ?

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2 commentaires à “La démocratie à l’épreuve des lois cosmiques”


  1. 0 Chris Muller 16 déc 2011 à 15:05

    Bonjour,
    …certes, « notre » soleil paraît le Maître incontesté, mais n’a-il pas autant besoin de « ses » planètes qu’elles de lui?… j’aime l’idée du soleil « repentant » évoqué par certains gnostiques, simple poésie ?… à propos de démocratie, Le syndrome de Babel par Morpheus sur Agora Vox est assez bien vu…

    Au plaisir de vous lire !

    Au plaisir de vous lire…

  2. 1 Le scribe 20 déc 2011 à 12:48

    En effet la notion de hiérarchie sous tend celle de dépendance, de communion, de concorde et d’harmonie. L’harmonie des sphères dont nous parlait Pythagore n’est possible qu’à cette condition; se mettre au diapason de la symphonie céleste.

    Il est vrai que la démocratie telle qu’on l’entend aujourd’hui en cela qu’elle privilégie la partie sur le tout réalise la désunion et la désagrégation. Le parallèle avec Babel est évidemment pertinent.

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