Jour de Noces

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Islam et Modernité ! Voilà un couple tout à fait détonnant que certains esprits chagrins dénoncèrent comme mal assorti, inharmonieux et sujet aux incompréhensions fondamentales. Et pourtant voyez aujourd’hui comme tous les êtres de bonne volonté de nos latitudes s’agitent, piaffent et se livrent aux plus improbables contorsions philosophiques pour tenter de les unir. Mais enfin quelle énergie féroce et souterraine actionne tous ces témoins empressés qui grondent devant le parvis?

Ils sont quelques uns les chansonniers des droits de l’homme et en bons convives de la famille de la mariée, ils nourrissent quelques certitudes quand aux clauses préalables de l’union. C’est pourquoi, on les aperçoit roides, le coup tendu et les bras chargés de lettres de doléances devant un gendre rougissant et inquiet. « Il vous faudra bien évidemment réformer ceci et changer cela » s’écrient-ils « Et peut-être même occulter ce verset-ci, obscurcir celui-là et à coup sûr escamoter cette sourate entière. C’est plus sûr ainsi. On ne risquerait plus alors de fâcher ni les femmes, ni les végétariens, ni les veaux d’abattoir. »
Le gendre épuisé mais conciliant, s’attelle alors à soupeser le poids de cette coalition d’intérêts particuliers et si hautement supérieurs à sa mission de concorde et de consolation universelle. Son regard las se promène sur les convives repus et finit par s’arrêter sur un vieil homme courbé et à la barbe terne, assis dans une alcôve à l’écart.

Islam le rejoint sous l’arceau de la pierre froide et le vieil homme courbé relève alors son visage où se lit les restes d’une ancienne noblesse. Islam le reconnaît tout à coup, il s’agit de M Christian, l’ancien époux de la future jeune mariée. Il ne lui ai parvenu que quelques faits bruts au sujet de l’ancienne union de sa promise avec un homme prospère d’un certain âge mais que son mariage accula à la faillite. Islam se sent tout à coup gêné de se trouver là mais pourtant lorsque son regard balaie à nouveau l’assistance vrombissante et fiévreuse, il ne parvient pas à décider son cœur à quitter ce havre de paix et de silence. Alors il reste là, les bras croisés, pensif et au fond un peu peiné que personne ne se soucie de lui. Au contraire, chacun s’empresse de présenter ses vœux de prospérité à la mariée, qui les reçoit un rictus de contentement aux coins des lèvres.

M Christian ne dit mot et pourtant Islam lit sur les traits, les postures et le front de cet homme tous les stigmates d’une vie héroïque érodée par les compromissions graduelles auxquelles se livra son âme, péchant contre elle même et trahissant tout jusqu’à son essence. La ride supérieure de ce front miné ne crie-t-elle pas le témoignage d’une vie d’or, d’encens et de myrrhe sacrifiée sur l’autel impie d’idées aussi neuves et glacées que le marbre qu’elles usurpèrent ? Et celle-ci se jetant dans le puits creusé entre les deux sourcils, n’a t-elle pas l’air de pleurer la trahison d’une enfant capricieuse, froide et imbue d’elle même ?

Islam regarde alors sa promise enserrée dans l’essaim bourdonnant de ces hommes qui proclament si volontiers leur parenté avec les lumières. Mais à quel foyer furent-elles donc puisées leurs admirables lumières ? N’est-ce pas à cet homme résigné et silencieux que fut arraché chaque scintillation? Toutes les pierreries qui ornent ces êtres grossiers, si prompts à occire leur aïeux ne couronnèrent t-elles pas un jour d’authentiques rois de la terre ?

Islam le cœur serré, s’interroge sur ce qu’il lui coûterait de s’enfuir là tout de suite de ce banquet infâme où l’on sacrifie le cœur à la raison. Il lorgne alors vers la lumière du dehors et l’âme en balance, acquiert la certitude qu’aujourd’hui se joue sa destinée qui pour se prolonger matériellement n’en est pas moins vouée à une apoplexie lente et programmée. Mais les marchands de lumière si avides de sève et de jeunesse ne cesseront pas un seul instant de le couver jalousement du regard.

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AKBAR, Empereur du Hindoustan

AKBAR, Empereur du Hindoustan dans Histoire Akbar

Peu de monarques façonnèrent le destin de l’Inde comme le fit l’Empereur Jalālu d-Dīn Muḥammad Akbar. Guerrier inspiré, poète et homme de foi, la figure providentielle de l’empereur Akbar ne fut pas sans rappeler au petit peuple du Hindoustan de la fin du XVIème siècle, la figure radieuse du Dieu Krishna.

Et de fait son règne fut celui de l’Union des spiritualités car il puisait au cœur de la doctrine soufie la conviction du lien intrinsèque unissant les grandes religions de son vaste empire. C’est pourquoi il ira jusqu’à professer une doctrine de l’unité suprême baptisée ‘Tauhid-I-Ilâhî’ (Le Divin Monothéisme). Et il donnera la parole dans sa ‘Ibadat Khana (maison d’adoration) temple de l’Unicité construit sur les hauteurs de  Fatehpur Sikri, à des représentants de tous les courants religieux. Hindous, musulmans, jaïns, mazdéens et même jésuites se presseront à ses assemblées du jeudi .

Mais si l’Empereur Akbar rappelle la figure du Dieu Krishna, c’est aussi par son union avec la princesse Rajput, Mariam-uz-Zamani avatar de la déesse Radha en son temps par la grâce et la présence d’esprit. Cette union amènera la concorde entre les princes rajputs hindous et l’empire moghol conquérant. Cette union est célébrée dans les fables populaires indiennes et l’hommage le plus récent est celui du cinéaste indien Ashutosh Gowariker dans son film ‘Jodha Akbar’.

La bande originale est du compositeur mondialement renommé, A.R Rahman et la chanson ‘Khwaja Mere Khwaja’ (Ô Saint Kwaja) est une formidable ode mystique telles qu’ils s’en élevaient de la cour de l’Empereur Akbar qui abritait les neufs joyaux de son temps, poètes, musiciens et intellectuels parmi lesquels Tansen le père de la musique classique indienne.

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L’Imagination Active ou l’organe de la connaissance

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Miniature représentant le prophète Muhammad et son ascension céleste lors du voyage nocturne (Mi-raj). L’ascension s’effectue en chevauchant le Bouraq créature fabuleuse symbolisant l’Imagination Active.

S’il paraît évident pour tout un chacun qu’une faculté ne peut s’exercer qu’à travers un organe, la vision s’exerçant à travers les yeux, l’ouïe à travers les oreilles, l’odorat grâce au nez, n’existe-il pas un organe à travers lequel se développe la connaissance ? Le théosophe oriental Sohrawardi nous signala dans son ouvrage « L’archange empourpré » (voir l’article, « Une brève anatomie de l’âme ») qu’outre les cinq sens externes (ouïe, vue, odorat, toucher, goût) il existe également cinq sens internes (le sensorium, l’imagination représentative, la faculté estimative, la faculté méditative et la faculté mémorielle). Ces dix sens étageant l’entendement humain et lui conférant sa capacité à prendre conscience et à interagir avec son environnement.
Mais parmi ces dix sens attribués à l’âme humaine, il en un qui se distingue tout particulièrement des autres ; l’Imagination Active ou la faculté méditative. C’est à cet organe ou cette faculté de l’âme que s’adressent en priorité toutes les traditions religieuses de l’humanité. Elle est la destinataire principale des mythes et symboles religieux et la seule à même d’en goûter toute la profondeur.

Pourtant lorsque l’on évoque le mot « imagination » nous y associons de manière commune et systématique l’idée d’affabulation, d’illusion, d’invention et de divagation. Car lorsque l’imagination met en scène les fantasmes de l’ego, cette faculté à la puissance redoutable et aux ressources inépuisables peut entraîner son possesseur dans des troubles psychiques d’une intense gravité. C’est pourquoi la mise en branle de cette faculté doit être entourée d’infinies précautions. Dans les sociétés chamaniques à caractère initiatique, l’entrée en transe et la sortie du réel ne s’effectuait que sous le contrôle et l’autorité spirituelle du guide. Car si l’Imagination Active procède à une sortie de la réalité objective, sa destination dépend entièrement de la qualité de son possesseur. Il n’est ici pas question des productions éphémères et plaisantes de l’imaginaire mais de l’accès à un monde aux productions subtiles, immatériel et peuplé d’idées images et de figures archétypes. C’est le monde intelligible que Platon opposait au monde sensible, un monde parfaitement réel quoique immatériel et qui est à la racine du monde manifesté que nous expérimentons. L’Imagination Active est la porte qui mène l’homme hors de lui même ou hors de la réalité qu’il expérimente au quotidien.
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Mais beaucoup aujourd’hui ne considèrent l’imagination que comme un produit des sens, une création du mental en réponse au quotidien. Alors que l’imagination ouvre sur des mondes parfaitement authentiques, des mondes à la racine de celui que nous définissons comme le monde réel mais qui n’est ni plus, ni moins que le fruit de notre expérience collective.
Ces autres mondes sont connus et nommés par les traditions religieuses. Il faut d’emblée les rattacher à la composition tripartite de l’être humain ;corps, âme et esprit. Ainsi le corps correspond aux éléments physiques et matériels (réalité objective), l’âme aux éléments psychiques et subtils et l’esprit à l’élément spirituel, immatériel et lumineux. Tel que nous l’enseigne le premier épître de Saint Paul aux Thessaloniciens: « Que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps soient conservés sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. » (Thessaloniciens 5.23)

La tradition musulmane nomme les trois mondes : Al-dunyâ, Al-barzakh et Al-âkhira. Al-dunyâ étant notre monde manifesté, le monde matériel et Al-âkhira le monde de l’au-delà, Al-barzakh constitue le monde intermédiaire, tel qu’il est dit dans le Coran : « Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers : l’une douce,rafraîchissante, l’autre salée, amère. Et IL assigne entre les deux une zone intermédiaire et un barrage infranchissable. » (Sourate « Al-Furqan »- Verset 53) Ainsi entre l’eau douce, le monde spirituel et l’eau salée, le monde matériel, il existe une barrière qui constitue un monde intermédiaire désigné par le mot arabe : barzakh.
Et dans cet autre verset : « Les deux mers ne sont pas identiques : (l’eau de) celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-là est salée, amère. Cependant de chacune vous mangez une chaire fraîche, et vous extrayez un ornement que vous portez. Et tu vois le vaisseau fendre l’eau avec bruit, pour que vous cherchiez certains (des produits) de Sa grâce. Peut-être serez-vous reconnaissants» sourate Fatir, verset 12.
Ainsi la navigation entre ces deux eaux s’effectue-t-elle sur un vaisseau et ce vaisseau c’est l’Imagination Active. Cependant l’Islam comme toutes les traditions religieuses nous signale qu’il n’est absolument pas anodin de chercher à franchir cette barrière. Car le monde intermédiaire ou monde de l’âme est un monde périlleux. Si l’être est sous l’emprise de son ego, ce monde se révèle peuplé d’innombrables dangers, les figures et images que l’on y rencontre y font écho aux tourments égotiques de l’âme. Ainsi les anciennes mythologies nous peignent-elles le portrait de ces êtres terrifiants qui peuplent le seuil, sphinx et autres chimères, dont le caractère hybride révèle la fonction de gardien entre deux mondes infiniment différents. La puissance des champs vierges du monde intermédiaire ne sont accessibles qu’aux êtres qui parviennent à affronter le gardien du seuil. L’ascension dans les mondes supérieurs ne s’obtient qu’à ce prix. Le gardien du seuil constitue la somme des dettes karmiques contractées par l’individu au cours de ses vies précédentes matérialisée en un être autonome. Cette figure fut notamment développée par le théosophe autrichien Rudolf Steiner.
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Si lors de cette rencontre, l’Imagination est sous l’emprise des appétits concupiscibles et irascibles de l’âme, elle n’aboutira qu’à des activités mentales stimulées par les productions des représentations sensorielles. Ces activités mentales sans fondement seront alors appelés « phantasis » et pourront dégénérer en pathologies induites par la contemplation de ces formes-pensées négatives. Il en résultera des angoisses tenaces, des passions destructrices, des peurs irrationnelles et toutes sortes de pensées morbides. Il importera donc de ne pas ouvrir l’écoutille que constitue l’Imagination Active sans avoir au préalable travaillé à lever les voiles de l’âme, c’est à dire entrepris le chemin du perfectionnement de soi.

Et ce processus s’enclenche lorsque la conscience se réoriente, lorsqu’elle se détache du monde extérieur pour se tourner vers son monde intérieur, lorsqu’elle entreprend le voyage depuis l’occident et les ténèbres de la matière jusqu’à l’Orient ou le monde des lumières archangéliques. Il lui faut pour cela, rompre l’emprise des dix liens ou dix facultés internes et externes. Cet état n’est effectif pour la plupart des êtres qu’au moment de la mort mais il devient accessible à ceux qui entreprennent de leur vivant le chemin du détachement total ou mort de l’ego. C’est le sens de la parole du prophète Muhammad : « Mourez avant de mourir !» et celle de l’Evangile de Saint Mathieu : « Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. »
On comprend alors tout le sens du concept de guerre sainte, Jihad et de la nécessité de prendre le glaive contre les passions de l’âme. Ainsi « Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Saint Matthieu 10, 34.
Il n’est destiné à la terre, lieu de la manifestation matérielle que le glaive, la fin, et la disparition totale. « Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître. [Seule] subsistera La Face [Wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. » Sourate Al Rahman, 26, 27.

Ainsi puisque le corps appartient au monde matériel et est par conséquent périssable, c’est par la seule rééducation de son âme que l’homme échappera à la destruction. Après s’être coupé des illusions du monde extérieur, l’âme devra s’orienter vers son Orient et rechercher l’union avec l’Esprit qui appartient aux mondes célestes, c’est ce que l’on nomme les noces alchimiques. En alchimie, l’esprit est représenté par le soleil et l’âme par la lune. Celle-ci aura donc pour fonction de réfléchir les lumières de l’Orient ou monde de l’esprit.

L’Imagination Active, outil propre à l’âme devient alors un organe de perception apte à refléter les lumières des mondes supérieurs. Elle est donc l’organe de la connaissance par excellence, puisque c’est par elle que l’on accède au divin. Ainsi dans le récit coranique de Moise sur le Mont Sinaï, elle est assimilée à la montagne lorsque le prophète demande la vision à Dieu et qu’il lui ai répondu: 
« Tu ne me verras pas, reprit Dieu, regarde plutôt la montagne. Si elle reste immobile à sa place tu me verras. Et lorsque Dieu se manifesta sur la montage, il la réduisit en pous­sière. Moïse tomba évanoui la face contre terre. » Sourate Al-A’râf, 138.
Il est ici fait mention de la « phantasis » ou imagination corrompue qui est cette montagne perpétuellement en mouvement dans les choses sensibles et qui s’interpose entre le monde intellectif et l’âme.
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L’Imagination Active bien loin de constituer un outil superflu du mental, est en réalité un enjeu central au cœur de la notion d’inconscient collectif et que tentent de maîtriser toutes les formes de pouvoir. Elle est l’objet de toutes les convoitises car c’est par elle que l’on aliène l’individu de façon certaine à une idéologie particulière. Le défi principal d’un pouvoir quelconque est la captation de cette Imagination Active par l’inoculation d’idées-images et de concepts choisis. C’est pourquoi malgré ce qu’on l’on aimerait bien nous faire croire les productions culturelles génératrices d’idées-images comme le cinéma n’ont pas pour seule finalité, un divertissement anodin mais sont à l’origine d’un véritable détournement de la faculté imaginative à des fins de contrôle de l’inconscient collectif. La liberté ne s’obtient donc que par le retour en soi et l’éloignement des idées-images produites par l’extérieur. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre l’interdiction de représentation en Islam.

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La démocratie à l’épreuve des lois cosmiques

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Picasso, prophète de notre ère?

La démocratie se présentant aujourd’hui comme le système de gouvernance archétype d’une civilisation avancée, le point de parachèvement permettant d’évaluer la bonification d’une société humaine, l’idéal à atteindre et à propager coûte que coûte aux peuples du monde par tous les moyens même les plus coercitifs, il nous est apparu souhaitable de mettre en perspective cet idéal avec les systèmes qui régissent l’univers, c’est après tout la moindre des choses pour un système à vocation universaliste.

La forme de démocratie ayant cours aujourd’hui est la démocratie représentative à deux assemblées née autour du VI siècle avant JC à Athènes. Cette forme de démocratie fut sans doute le moyen le plus efficace pour imposer les revendications des 40 000 citoyens d’Athènes aux quelques autres 200 000 habitants non citoyens. Et la démocratie telle que la vivons aujourd’hui est une continuité de cette lointaine oligarchie que l’on nous présente comme enrichie de la représentativité des femmes et l’abolition du statut d’esclave. Ainsi la gouvernance d’une poignée d’hommes choisis par la majorité est admise comme étant le système de gouvernance le plus équitable et le plus respectueux des droits de chacun. Et les deux assises sur lesquelles repose ce régime idéal sont; le vote et le règne des assemblées. Examinons donc la valeur de ce système de gouvernance au regard des lois qui régissent l’univers, analysons la loi des hommes à la lumière des lois cosmiques.

N’en déplaise à certains notre système solaire est régi par un souverain implacable, seul dispensateur de chaleur et de lumière et qui est à l’origine de toute forme de vie sur terre ; j’ai nommé sa majesté l’astre du jour. Ce monarque absolu règne sans partage, se dispensant volontiers d’une assemblée porteuse des revendications de ses sujets. Il ne fut en aucun cas élu ni à la grâce du scrutin nominatif ni à celle du scrutin proportionnel puisqu’il incarne le canon de la royauté de toute éternité. Et c’est non sans sagesse que les monarques de la terre depuis les temps immémoriaux et dans chaque civilisation se réclamèrent de son haut patronage. Car la première des lois régissant l’univers est celle de la hiérarchie. Les planètes soumises à l’attraction du souverain effectuent leur cérémonial dévotionnel au travers de perpétuelles révolutions. Et le suffrage n’intervient en aucun cas dans les lois de la physique. La loi de la gravité est-elle révocable par une assemblée fut-elle représentative de l’ensemble des êtres vivants ?

Les lois de la biologie obéissent également au principe de la hiérarchie, le fonctionnement du corps humain en est l’exemple le plus frappant. Le centre de décision est éminemment centralisé dans le corps humain et chaque organe et chaque cellule obéit à une fonction prédestinée et non librement choisie. C’est pourquoi avant l’ère moderne, lorsque les sociétés humaines aspiraient encore à s’intégrer à l’ordre cosmique, le système des castes était le système prévalent,aussi bien chez les peuls ou les khassonkés d’Afrique de l’ouest que dans le Japon médiéval sous l’ancien système de lois ritsuryo. Ce système de castes organisait la société à l’image du corps humain privilégiant la complémentarité et l’union de ses membres. Ce célèbre hymne du Rig véda, les saintes écritures hindoues, en étant la meilleure illustration : « Qu’est-il advenu de la bouche de l’esprit cosmique ? Qu’est-il advenu de ses deux bras ? Qu’est-il advenu de ses deux cuisses ? Comment ses deux pieds se sont-ils appelés ? De sa bouche sont venus les brahmanes. De ses deux bras est venu le rajanya (les kshatriya) De ses deux cuisses sont venus les vaishya. De ses deux pieds sont venus les shudras ». Les brahmanes détiennent le pouvoir sacerdotal et gouvernent le devenir des âmes, les kshatriya le pouvoir temporel et le rôle de législateurs, les vaishya ont la charge de produire les biens et ont l’initiative économique enfin les shudras sont des serviteurs.
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Il est tout à fait courant en Occident de s’indigner du caractère inique du système de castes hindou, mais force est de constater que ce système de castes a pour finalité première la coopération et l’union de ses membres à travers la complémentarité de leurs fonctions. Car chaque caste participe par sa fonction au bien être de la communauté et est par essence indispensable à la collectivité, il n’existe donc pas de chômage. D’autre part la finalité première étant la préservation de l’intérêt de la communauté , une caste renoncera à ses prérogatives si le devenir de la communauté est dans la balance. Ainsi la caste des vaishya, celle des commerçants se verra contrainte de vendre à perte si le fait pour elle de réaliser des profits engendre une pénurie dommageable à la communauté. Ce cas de figure est évidemment impensable aujourd’hui puisque l’on demande à l’ensemble des nations d’Europe de sacrifier leur avenir au profit des marchés.
Si dans un régime démocratique l’équité est réputée résider dans la liberté individuelle, dans un système hiérarchique l’équité réside dans la primauté de l’intérêt collectif. Car finalement l’injustice réside t-elle davantage dans la privation des libertés individuelles y compris les plus invraisemblables, que dans le non respect de l’intérêt du plus grand nombre? Force est de constater que la hiérarchie constitue un élément de l’ordre naturel dont l’addition de libertés individuelles aggrave le caractère inique.

D’autre part la structure mentale et psychologique de l’individu est symptomatique de la structure de la société. Cela les civilisations antiques l’avaient bien compris, elles qui s’efforçaient de faire coïncider l’organisation de la société avec l’organisation de l’esprit et du corps humain afin qu’il en résulte un meilleur être de l’individu. Nous pouvons convoquer ici l’allégorie de l’attelage ailé développée par Platon dans son Phèdre. Le cocher figurant la raison dirige un attelage où sont appareillés un cheval blanc et un cheval noir, le premier figurant les appétits irascibles de l’individu, le second ses appétits concupiscibles. Qu’advient-il alors lorsqu’une société se retrouve dirigée non par la tête mais par les cuisses ? Lorsque l’intérêt marchand vient à primer la dignité humaine ? Il en résulte une propension à l’autodestruction de tout le système. Le vaishya n’étant pas habilité à gouverner les âmes, il déterminera que l’âme n’existe pas en instaurant l’athéisme comme religion d’état. Le vaishya nourissant une grande défiance à l’égard des notions de noblesse, de vaillance et de don de soi humiliera le kshatriya en extirpant les vertus viriles au profit d’une promotion stratégique du féminisme. Enfin le vaishya rétrogradera les shudras du statut de serviteurs à celui d’esclaves économiques.

Peut-on encore s’étonner devant cette nécrose programmée de notre société que la maladie du siècle soit le cancer ?

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Le mythe de la contribution perpétuelle de la science

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Johannes Moreelse, Démocrite, le philosophe rieur

De toutes les fables qui tissent notre pacte civilisationel, il en est une qui vibre sourdement dans notre subconscient telle la radieuse promesse d’interminables félicités qui éclaire notre devenir et celui des générations futures ; le mythe de la contribution perpétuelle de la science.

Quel est l’individu qui aujourd’hui n’adhère pas à de telles croyances ? ; « Ce qui n’a pas encore été expliqué par la science à ce jour le sera dans l’avenir » ; « La science contribue à l’accroissement graduel des connaissances » ; « La somme de savoirs et de moyens dont disposeront les générations futures sera plus élevé que celle des générations passées ». Notre éducation dans son entier nous pousse à adopter aveuglément de tels présupposés. En effet les théories scientifiques nous sont présentées dès le plus jeune âge avec une opportune et plaisante complémentarité. Ainsi si Aristote a déterminé au 4ème siècle avant JC que les corps ordinaires suivaient une trajectoire privilégiée vers le bas, Copernic a quant à lui introduit la théorie de l’héliocentrisme qui vient infirmer le concept de trajectoire privilégiée puisque la terre tournant autour du soleil pendant la chute d’un corps, cette direction varie dans l’espace. Kepler, Galilée et Descartes contribuerons ensuite successivement à la dynamique des corps en développant le principe d’inertie que parachèvera Newton avec ses fameuses lois du mouvement, établissant ainsi le socle de la mécanique contemporaine.

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Newton et sa pomme providentielle


La fabuleuse aventure de la connaissance se poursuivra par la suite avec les découvertes sur l’existence des champs magnétiques réalisées par Faraday puis plus récemment avec la théorie de la relativité générale établie par Einstein. L’écheveau de la connaissance s’évide ainsi à l’infini sous l’impulsion du génie humain et c’est le cœur plein d’une tranquille assurance que nous admirons ces grands esprits s’ajuster majestueusement à l’interminable camaïeu du savoir global. Et c’est cette assurance que oui, il existe en ce moment même des gens qui font avancer la science qui nous permet de considérer d’un œil confiant notre choix de civilisation. Car cette assurance à elle seule valide en grande partie notre civilisation. Si les générations passées ne disposaient pas d’une telle somme de savoirs et de moyens, c’est que logiquement nous les devançons, comme nous seront à notre tour devancés par les générations futures. Le savoir se construit ainsi brique par brique, une génération venant combler les lacunes de la précédente, une théorie scientifique venant compléter ou chasser une autre et cela jusqu’à l’infini.

Mais il est évident qu’une vision aussi complaisante de la connaissance n’est satisfaisante que pour les esprits simples qui s’attachent avant tout aux constructions idéologiques plutôt qu’à la science elle-même. Car il est certain que le mythe fondateur de la contribution perpétuelle de la science est lézardé de failles profondes puisqu’il repose sur deux axiomes erronés :

Le premier étant que la connaissance s’acquiert non pas de manière holistique mais graduellement. Le second étant que les découvertes scientifiques adviennent de manière opportune guidées uniquement par l’intérêt scientifique. Il n’est malaisé pour personne de constater l’absurdité du second axiome puisque l’essentiel des découvertes scientifiques d’aujourd’hui sont impulsées par les besoins de l’industrie en particulier les besoins de l’industrie de l’armement et de l’industrie pharmaceutique. Il est en revanche plus ardu pour l’esprit contemporain d’envisager la méprise fondamentale que constitue le premier axiome puisque chacun est habitué depuis l’enfance à sous-estimer les capacités de son propre esprit et à imaginer que l’on ne peut bénéficier d’un savoir valable qu’après de longues et pénibles études, confondant ainsi connaissance et érudition.

Il nous faudra donc quelque foi pour affirmer ceci : « La connaissance est une et indivisible, elle s’acquiert et c’est d’ailleurs à cette seule condition qu’on la nomme connaissance, de manière totale et holistique. Elle n’est pas morcelée en différents domaines mais embrasse la totalité de l’entendement humain. » Non ! La somme des savoirs dont dispose l’humanité ne va pas en s’accroissant et on pourrait même dire qu’elle va en périclitant (mais nous ne développerons pas cette thèse dans le présent article). Et nous confondons trop souvent progrès matériel et connaissance. La conviction que l’univers est composé d’atomes n’est pas une découverte récente subordonnée aux avancées dans les domaines de l’optique quantique mais c’est une vérité que professait déjà le penseur grec Démocrite depuis l’antiquité. Seulement ce qui est devenu réalisable aujourd’hui, c’est de démontrer une vérité par des preuves matérielles.

Ainsi le premier quidam venu pourra constater images à l’appui que oui la matière se compose d’atomes, de là à réaliser en quoi cette vérité agit sur lui-même et sur son propre rapport au cosmos….

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UNE BREVE ANATOMIE DE L’ÂME

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« Anatomie de l’âme » l’oxymore est pour le moins troublant ! L’association de ces deux termes peut paraître tout à fait insolite à un esprit rationnel, le premier renvoyant à un domaine de la médecine s’attachant à décrire la structure interne du corps humain et le second à une entité impalpable et invisible dont l’existence ne peut être prouvée et qui cause tant d’embarras aux scientifiques que beaucoup se contentent d’en nier l’existence purement et simplement. L’association de ces deux termes n’est donc pas le fruit du hasard mais situe le nœud du problème. Est-il possible d’entreprendre la description de la structure et de la topographie de l’âme humaine ? S’il est aujourd’hui plus aisé de nier l’existence de l’âme que d’entreprendre sa description certains sages du moyen-âge nous livrèrent quant à eux des écrits d’une pertinence et d’une richesse incomparable sur la question.

C’est le cas notamment du grand théosophe oriental Shihâboddin Yahya Sohravardî, connu sous le nom de Shaikh Al-Ishraq (le Maître de la philosophie illuminative). Métaphysicien d’exception, il s’appliqua tout au long de sa brève vie à revivifier la philosophie des lumières des sages de l’ancienne Perse, transmettant et complétant les savoirs de prédécesseurs illustres tels que Platon et Avicenne. Dans son récit l’Archange empourpré* il aborde ce sujet complexe et nous livre une réflexion puissante alliant connaissance philosophique rigoureuse et perception mystique.

Sohravardî opère un raisonnement déductif basée sur une argumentation rigoureuse. Il s’attache tout d’abord à démontrer que l’âme est incorporelle et séparée de la matière. En effet si un être humain ne peut avoir conscience de la totalité de son corps, de chacun de ses membres et de chacun de ses organes, c’est donc qu’il n’est pas son corps. De plus l’être humain subit de manière constante un phénomène de dissolution et d’élimination sans pour autant en avoir conscience.
Ensuite Sohravardî démontre que l’âme est un substrat non mesurable par l’intellect humain, puisque celui-ci n’est capable de discerner une chose que si elle est actualisée en lui-même sous forme de concept. L’esprit humain intellige tout sous forme de concept, ainsi le concept véhicule lui fait admettre que la moto et l’automobile rentre dans la même catégorie. Le grand et le petit se regroupe alors sous une dénomination commune.**
C’est pourquoi l’âme est affranchie d’une dimension spatiale. On dit alors qu’elle est monadique et impénétrable; on ne peut la diviser par la pensée. De plus, elle gouverne le corps, s’intellige elle-même et intellige les choses.

L’âme est également dotée de facultés externes et de facultés internes. Ses facultés externes se composent des cinq sens connus: le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue.
Mais selon Sohravardî, ces facultés externes sont complétées par les facultés internes suivantes à laquelle sont associés les quatre éléments primordiaux:

-Le sensorium, est associé à l’élément eau car il est le bassin ou sont regroupées toutes les données récoltées par les cinq sens externes. Par ailleurs c’est dans le sensorium que l’on contemple toutes les formes récoltées pendant la veille lorsque l’on est en état de sommeil.
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-L’imagination représentative conserve les trésors du sensorium. Elle fixe l’ensemble des informations récoltées à l’instar de l’élément feu pour mieux les ériger ensuite en représentations ordonnées de la réalité.
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-La faculté estimative peut être définie comme la raison pure. Lui sont inaccessibles les réalités non perceptibles par les sens. Elle se contente d’élaborer des syllogismes à partir de ce que perçoivent les sens externes. Elle est la faculté la plus développée chez les êtres chez qui domine une rationalité excessive. Et à l’instar de la glace, elle est figée dans une réalité fragmentaire uniquement déterminée par les éléments fournis par l’extérieur.
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-La faculté cogitative ou méditative a quant à elle une double nature. Avec la fluidité qui caractérise l’élément eau, elle accueille les représentations puis elle les décompose, les transmute et les sublime à l’instar du feu. On l’appelle alors « Imagination représentative ». Elle est une faculté primordiale car elle permet notamment de contempler les réalités du monde intelligible.
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-La faculté mémorielle, est pour finir une fonction où domine l’équilibre imposé par l’élément terre et qui a pour mission de conserver l’ensemble des évènements survenus dans notre vie psychique et émotionnelle. C’est grâce à cette fonction que devient possible le ressouvenir des événements et des situations antérieurs.
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Sohravardî affirme également que chacun des sens internes possèdent dans le cerveau un emplacement qui lui est propre et que si un dommage affecte l’emplacement d’un des sens, les autres continuent néanmoins de fonctionner. Le parallèle s’impose évidemment avec le découpage du cortex cérébral introduit par la neurobiologie contemporaine. La neurobiologie établit une topographie sensitive et sensorielle du cortex cérébral comprenant trois centres concentriques : le centre de réception primaire, le centre de perception consciente et le centre d’interprétation. La carte cyto-architectonique du cortex cérébral, proposée par BRODMANN en 1909 reste la référence en matière de découpage du cortex cérébral. Il est néanmoins utile de noter que la neurobiologie moderne s’oriente exclusivement vers l’étude des correspondances entre les régions du cerveau et les parties du corps humain afin d’établir la manière dont l’information est traitée et cela dans une perspective médicale et thérapeutique. Quand la neurobiologie borne les fonctionnalités du cerveau humain à trois niveaux : Information – Traitement – Action, la métaphysique sohravardienne l’étend à des niveaux autrement supérieurs : Capacité méditative, Exploration des réalités purement intelligibles et Connaissances suprasensibles. C’est donc cette tendance à réduire les phénomènes à leur seule manifestation extérieure, caractéristique de l’ère moderne que s’attachait à démontrer René Guénon dans son essai : « Le règne de la quantité et les signes des temps » qui s’illustre ici avec force. Car ici c’est bien cet éloignement graduel du principe qui explique la dégradation des conceptions que l’homme se fait de lui-même et du monde qui l’amène aujourd’hui à nier les facultés supérieures de son Être.

*SOHRAVARDI « l’Archange empourpré. Quinze traités et récits mystiques ». Traduits du persan par Henri CORBIN. Editions FAYARD.

**Exemple donné par l’auteure de l’article.

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La plus monstrueuse falsification de l’histoire de l’humanité

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« La plus monstrueuse falsification de l’histoire de l’humanité par les historiens modernes » c’est en ces termes que l’historien et anthropologue Cheikh Anta Diop a qualifié l’attribution d’une ascendance blanche aux égyptiens de l’antiquité par les historiens de l’ère moderne. Dans son essai Nations nègres et culture rédigé en 1954, il ébranle jusqu’aux fondements de l’égyptologie, discipline nouvelle qui naquit dans le sillage des conquêtes napoléoniennes et qui se développa par la suite à l’ombre des empires coloniaux français et britanniques.

Cheikh Anta Diop, chercheur visionnaire, intrépide et audacieux comme le qualifia Césaire, lutta toute sa vie durant contre le conformisme et l’hostilité de nombre de ses pairs comme d’une grande partie de l’intelligentsia bourgeoise pour qui la reconnaissance négroïde de la civilisation égyptienne venait heurter pour le moins durement le mythe civilisateur du projet impérialiste et colonial. Beaucoup d’ailleurs ne se privèrent pas de qualifier ses travaux d’inconsistants et de fallacieux. Il faut dire qu’une reconnaissance négroïde de la civilisation égyptienne venait mettre à mal toute la construction idéologique qui établissait comme socle des nations européennes, la civilisation grecque, elle-même l’héritière de la civilisation égyptienne pour ce qui concerne la cosmogonie, les arts et les sciences en un mot, la culture. Car enfin comment imaginer que l’on puisse devoir l’essentiel des connaissances en mathématiques, en politique, en agriculture et en arts à une race à qui l’on prétendait apporter le progrès ?

Si la plupart des arguments en faveur d’une ascendance blanche des égyptiens de l’antiquité relèvent de prises de position passionnelles ou idéologiques, les arguments de l’historien d’origine sénégalaise sont pour le moins clairs et imprégnés de l’exigence de rigueur que lui imposait sa formation pluridisciplinaire en sciences exactes. C’est ainsi que par une approche méthodologique, il en est venu à questionner les écrits des contemporains de la civilisation égyptienne, les pères de l’histoire que sont Hérodote et Diodore de Sicile. Hérodote affirmait en parlant des habitants de la Colchide : « Les Egyptiens pensent que ces peuples sont des descendants d’une partie des troupes du pharaon Sésostris, je le conjecturai sur deux indices, le premier c’est qu’ils sont noirs et qu’ils ont les cheveux crépus ». (Histoires, Livre II) Diodore de Sicile établissait quant à lui, la parenté de la civilisation égyptienne avec la civilisation éthiopienne : « Les Ethiopiens disent que les Egyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Egypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer, mais que le Nil entrainant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie, l’avait enfin comblé et en avait fait une partie du continent. Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois ; c’est d’eux qu’ils ont appris à honorer les rois comme des dieux et à ensevelir leurs morts avec tant de pompe ; la sculpture et l’écriture ont pris naissance chez les Ethiopiens. » (Histoire universelle, livre III). Dans l’Ancien Testament, l’Egypte est réputée peuplée par la descendance de Cham ancêtre des noirs, Cham dérivant lui-même de Kemit, qui signifie noir, nom par lequel les égyptiens désignaient leur pays.

Champollion le Jeune, père de l’égyptologie commente dans une lettre adressée à son frère les bas-reliefs du tombeau d’Ousiréï 1er représentant les différentes races d’hommes connues des Egyptiens se tenant devant le dieu Horus. «Les hommes guidés par le pasteur des peuples, Horus appartiennent à quatre familles distinctes ; le premier, le plus voisin du dieu est de couleur rouge-sombre ; les légendes désignent cette espèce sous le nom de Rôt-en-ne-Rôme, la race des hommes, les hommes par excellence, c’est-à-dire les égyptiens. Il ne peut y avoir aucune incertitude sur la race de celui qui vient après, il appartient à la race des nègres qui sont désignés sous le nom général de Nahasi. Le suivant présente un aspect bien différent, peau couleur de chair, tirant sur le jaune ou teint basané, nez fortement aquilin, barbe noire…ceux-ci portent le nom de Namou. Enfin le dernier a la teinte de peau que nous nommons couleur de chair, ou peau blanche, le nez droit, les yeux bleus, barbe blonde ou rousse, taille haute et très élancée, vêtu de peau de bœuf, conservant encore son poil, véritable sauvage tatoué sur diverses parties du corps ; on les nomme Tamhou. Je me hâtai de chercher le tableau correspondant à celui-ci dans les autres tombes royales et en le retrouvant en effet, plusieurs variations que j’y observais, me convainquirent pleinement qu’on a voulu figurer ici les habitants des quatre parties du monde, selon l’ancien système égyptien, savoir : 1° – les habitants de l’Egypte qui à elle seule formait une partie du monde, d’après le très modeste usage des vieux peuples 2°- les habitants propres de l’Afrique, les nègres, 3° – les asiatiques, 4° -enfin(et j’ai honte de le dire, puisque notre race est la dernière et la plus sauvage de la série) les européens qui à ces époques reculées, il faut être juste, ne faisaient pas une trop belle figure dans ce monde. Il faut entendre ici, tous les peuples de race blonde et à peau blanche, habitant non seulement l’Europe mais aussi l’Asie leur point de départ. Cette manière de considérer ces tableaux est d’autant plus la véritable, que dans les autres tombes les mêmes noms génériques reparaissent et toujours dans le même ordre. On y retrouve aussi les Egyptiens et les Africains représentés de la même manière, ce qui ne pouvait être autrement, mais les Namou (les asiatiques) et les Tamhou (les races européennes) offrent d’importantes et curieuses variations ». (Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829).
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Il n’existe pas de race rouge-sombre, il n’existe pas de noir dans le sens exact du terme non plus, la couleur des noirs tirant sur le brun sans pouvoir être plus qualifiée, les deux premiers personnages des bas-reliefs représentent donc deux nuances de la même race noire. Il est donc particulièrement troublant que tant d’historiens se soient fourvoyés au point d’attribuer une ascendance blanche à la race égyptienne. Cet état de fait peut être expliqué en partie par les invasions successives que subit l’Egypte tout au long de son histoire vieille de 10000 ans. Conquise par les perses en -525, les macédoniens avec Alexandre, les romains avec Jules César en -50, les arabes au VIIème siècle, les turcs au XVIème siècle, les français avec Napoléon puis les britanniques au XIXème siècle. L’Egypte a connu un processus de métissage continu qui prit des airs de politique d’assimilation sous le règne des Ptolémés vers -200, le philologue suisse Bachofen faisant même état d’une instrumentalisation du culte de Dionysos comme « moyen particulièrement efficace de favoriser l’assimilation des grecs conquérants et leur fusion avec les égyptiens indigènes ». (Du règne de la mère au patriarcat, Johann Jacob Bachofen, 1938).

Les conclusions quant à l’ascendance blanche des égyptiens auquel nombre d’historiens sont parvenues peuvent donc avoir été essentiellement dictées par l’observation des peuples sémites et blancs peuplant actuellement l’Egypte, un peu comme si l’on avait décidé d’attribuer la parenté du menhir de Kerloas en Bretagne à l’actuelle communauté malienne de Brest.

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La science est-elle artificielle ?

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La question sonne telle une saillie drolatique née de quelque esprit fantaisiste au cerveau empoussiéré de théories créationnistes mais elle fut posée en réalité par l’un des plus éminents mathématiciens et philosophes français du 20ème siècle : Henri Poincaré dans son ouvrage La valeur de la science*. Et la question ne pouvait être posée que par un esprit universaliste saisissant dans un élan global l’ensemble des domaines de la pensée, si tant est qu’il existe des domaines de la pensée. Car dans la lignée de philosophes universalistes tels que Aristote ou Descartes, Poincaré n’a pas borné sa pensée au seul domaine des mathématiques mais a déployé un jugement allant de la métaphysique à l’épistémologie afin de questionner les fondements même de la connaissance.

C’est ainsi qu’il en est arrivé à s’interroger sur la valeur que l’on peut accorder à la science. La science nous permet-elle vraiment de connaître le réel ? «Non! » répond Poincaré, aucune théorie scientifique ne peut prétendre nous apprendre ce qu’est la chaleur, l’électricité ou la vie, elle ne peut nous en offrir qu’une image grossière et caduque car toute théorie ne fait qu’habiller le réel avec un discours. Ainsi le but de la science n’est pas de nous faire connaître la véritable nature des choses mais simplement d’étudier les rapports des choses pour en dégager des conventions et des lois. Ces conventions et ces lois nous serviront ensuite de règle d’action afin que nous puissions modifier le réel. Poincaré distingue dans ce but, le fait brut du fait scientifique. Le fait scientifique est le langage propre au scientifique dans lequel il décrit les rapports des choses quand le fait brut est l’évènement du réel. Le fait scientifique en cela qu’il n’est que convention et langage est donc par définition artificiel. Ainsi entre deux faits bruts A et B par exemple le mouvement d’un astre A et celui d’un astre B dans l’espace, la théorie de la gravitation de Newton introduit un intermédiaire abstrait, fictif et impalpable qui est l’entité ‘gravitation’.

On est alors très tenté de conclure que le scientifique se contente simplement de discourir sur le réel en y appliquant un langage de son cru sans pour autant percer la réelle nature des choses. « Oui » dit Poincaré mais le discours du scientifique lui permet d’élaborer des lois qui sont valables en cela qu’elles peuvent se vérifier par l’expérience et partant de là servir de règle d’action. Ainsi « le phosphore fond à 44° » est une loi maintes fois vérifiée par l’expérience et qui sert de règle d’action dans l’industrie de la pyrotechnie. Seulement, comme le fait scientifique n’est en réalité que le langage dans lequel, le scientifique exprime et catégorise la réalité, si l’on venait un jour à découvrir un corps qui possède toutes les propriétés du phosphore sauf le point de fusion, on attribuerait à ce corps un autre nom que phosphore et partant de là, la loi serait quand même sauve. Fatal écueil, auquel Poincaré échappe en admettant que si la science ne permet ni de connaître le réel, ni d’établir des règles d’action qui se vérifient à chaque fois, elle est utile néanmoins comme moyen de connaissance. C’est donc à cette fin, que s’établit la science, faire progresser la connaissance!

Où trouve-t-on encore l’humilité d’un esprit cardinal comme celui d’Henri Poincaré qui admettait si volontiers l’indigence de l’esprit humain face au réel, lorsqu’aujourd’hui nous sommes volontiers portés à croire que notre esprit est en mesure de le maîtriser? En témoigne la tragédie actuelle qui se joue à Fukushima, échelle de risques, enceinte de confinement et taux légal de radioactivité ne viennent pas à bout d’un drame humain qui révèle notre impuissance ontologique à maîtriser la réalité. Impuissance qui si elle nous avait inspiré un semblant d’humilité nous aurait ouvert les yeux sur les menaces d’une technologie qui met en danger toute la chaîne du vivant et que l’on ne prévoyait de dominer qu’à la grâce de notre capacité de prédiction, d’évaluation des risques et d’analyse qui vaut ce qu’elle vaut face à la réalité, c’est-à-dire pas grand-chose. L’astrophysicien Hubert Reeves affirmait il y’a peu après son revirement spectaculaire face au nucléaire : « Le nucléaire est une technologie pour les anges ». Et hélas nous ne sommes que des hommes !

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* Henri Poincaré « La Valeur de la science ». Editions Flammarion.

La civilisation aurait-elle chassé la civilité ?

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Confucius présentant le jeune Gautama Bouddha à Lao Tseu.

Civilité ! Un terme de nos jours si peu accolé à celui de progrès car entendons le bien, c’est à celui-ci que l’on se réfère quand on avance le mot civilisation. Le progrès et sa cohorte de vertus quantitatives: croissance, évolution, profit et bénéfice, dont l’exponentialité seule garantit le mérite. Car après tout, ce qui croît ne peut être que bénéfique. Mais quand donc le progrès s’est-il substitué à la civilisation? Quand fut-il admis que l’accès au confort matériel était la plus haute expression du génie humain ? Sans doute à partir du moment où l’on a commencé à déconsidérer ce qui dans l’être humain n’était ni appréhendable par les sens, ni par la raison et dont l’essor de la psychanalyse au siècle dernier n’a constitué que la timide tentative de ne pas réduire complètement l’homme à sa plus simple expression anatomique.

Car à partir de l’instant où l’on a admis qu’il suffisait de créer les conditions matérielles de préservation et d’épanouissement du corps physique pour parler de progrès, les avancées de la médecine et l’essor de la consommation ont jeté les fondements de notre pacte civilisationnel. Et si l’on se base sur ces seuls aspects, on peut certes affirmer que nous sommes une civilisation avancée au regard des civilisations qui nous ont précédées. Et pourtant notre société est-elle réellement civilisée ? A ce stade, il nous faut quand même relever un aspect fondateur de notre société qui paraît pour le moins antinomique si ce n’est inconciliable avec la notion de civilisation : l’individualisme effréné. Comment peut-on établir comme moteur d’une civilisation, l’individualisme, puisque par définition la civilisation est l’ensemble des interactions entre individus qui génère des conventions, des mœurs et des us, tendant par leur raffinement et leur complexité à l’instauration d’un idéal ? Ne vivons-nous donc pas en contradiction totale avec l’idée même de civilisation en basant notre société sur l’individualisme ?

Parlons maintenant de barbarie puisque c’est celle-ci que l’on oppose à la civilisation. La barbarie ne devient-elle pas le lot d’une civilisation qui tend dans son entier à la seule préservation des libertés individuelles et des intérêts particuliers qu’elle place au-dessus de toute concorde universelle ? Car enfin quel est l’aboutissement de tout cela ? La compétition de tous contre tous ! Fondement de la barbarie, barbarie que l’on peut espérer soulagée par une quelconque main invisible qui viendrait comme une ombrelle au-dessus du chaos. Cette compétition effrénée entraîne de fait une société de la déloyauté et de la tromperie systémique. Pourquoi donc être loyal puisqu’il ne s’agit que de préserver son intérêt particulier ? Ainsi dans les limites de plus en plus lâches de la légalité, le producteur aura tout loisir de tromper le consommateur, le politique de tromper l’électeur et l’individu de spolier son semblable. Dans la règle du chacun pour soi, il n’existe pas de place pour la civilité qui trouve sa réalisation dans la préservation de l’intérêt de son vis-à-vis, c’est à dire de l’autre avant soi.

Chaque civilisation humaine jusque- là avait établi comme point de parachèvement l’éthique et la morale et non la performance et l’efficience. Les réalisations d’une civilisation millénaire comme la Chine peuvent-elles s’expliquer en dehors des notions confucéennes de ‘Li ‘et de ‘Ren’ ? La notion de Ren, pierre angulaire de la mentalité chinoise est proprement édifiante. L’idéogramme ‘Ren’ se compose de deux éléments graphiques, l’un représentant un être humain et l’autre représentant le chiffre deux.
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La notion de ‘Ren’ définit donc les règles de l’altérité fondées sur la bienveillance, la réciprocité et la droiture. La notion de ‘Li’ quant à elle, vient compléter par l’action appropriée, l’inclination morale établie par la notion de ‘Ren’. La civilisation musulmane fut également une autre illustration de ce mariage entre civilisation et civilité avec la notion de ‘adhab’ qui est au cœur même de l’éthique musulmane. La notion de ‘adhab’ établit une prédisposition morale à la courtoisie et à la générosité que vient compléter une étiquette exhaustive allant des bonnes manières, au protocole des repas.

Mais aujourd’hui, la liberté, la liberté sans entrave, la liberté de s’affranchir du respect et de repousser à tout crin la sphère de l’individu pour réduire la loi au simple arbitrage des intérêts particuliers constitue la pierre angulaire du type de société vers laquelle tendent toutes les nations du monde. Et il faudra bien appeler cela le progrès !

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Mais qui est donc l’homme de Vitruve?

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L’homme de Vitruve de Léonard de Vinci.

Au-delà de la question des proportions anatomiques idéales, on trouve dans l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci, un enseignement ésotérique, mobilisant certains archétypes universels fondamentaux. Livrons nous donc à une analyse plus approfondie du symbole afin comme disait le grand métaphysicien Ibn Arabî «de dissocier l’écorce du noyau et l’apparent du caché ».

Examinons donc le premier archétype qui est symbolisé par le carré. Cette figure géométrique illustre la stabilité et la matière. Les quatre cotés représentent l’Homme limité dans une réalité finie, l’Homme basant son raisonnement sur les données sensibles ou rationnelles, en somme l’homme contemporain dont l’esprit est dominé par la raison, le calcul, la prévision et l’évaluation.
Tackh USHTE grand chef amérindien définissait d’ailleurs le cadre comme le symbole fondamental de l’homme blanc: «Le cadre de sa maison, des buildings où sont ses bureaux, avec des murs de séparation. Partout des angles et des rectangles : la porte qui interdit l’entrée aux étrangers, le dollar en billet de banque, la prison. Les rectangles, ses angles, un cadre. De même pour les gadgets de l’homme blanc – boîtes, boîtes et encore boîtes – téléviseurs, radios, machines à laver, ordinateurs, automobiles. Toutes ces boites ont des coins, des angles abrupts – des arêtes dans le temps, le temps de l’homme blanc, ses rendez-vous, le temps de ses pendules, ses heures de pointe – c’est ce que les coins signifient à mes yeux. Vous êtes devenus les prisonniers de toutes ces boîtes. » Affirmait-il.

Et l’on oppose traditionnellement au carré, le cercle, symbole reflétant l’infini, l’idéal, l’unité et la perfection. Car l’homme contenu dans le cercle est celui qui a transcendé la matière par la réalisation spirituelle. L’homme dans le cercle est celui qui a consommé l’union avec sa part divine ou cosmique, à laquelle il ne retourne qu’en abandonnant son individualité. Car le cercle est la figure géométrique des corps stellaires qui composent l’Univers. Toutes les formes de vie sont abritées dans le cercle, cercle tellurique de la terre d’abord puis cercle physiologique de l’utérus qui imprime au fœtus sa position arrondie. L’homme nouveau, apte à la renaissance est donc celui capable d’échapper à la finitude et aux contraintes liées au monde de la corruption et de la génération qu’est le monde de la matière. Il devient capable d’échapper aux limitations de temps et d’espace lorsqu’il s’élève au-dessus de sa conscience individuelle pour rejoindre la conscience cosmique qui englobe toute autre forme de conscience.

Symbole alchimique par excellence, l’homme de Vitruve tente de réaliser l’union du ciel (cercle) et de la terre (carrée) grâce au passage du rationnel au transcendant pour ainsi établir un équilibre entre ces deux principes opposées. Il réalise ainsi une renaissance et l’avènement de l’homme nouveau, l’Homme universel. Cet homme universel revient à l’androgynat primordial puisqu’il transcende la dualité des couples terre/ciel, féminin/masculin et passif/actif.

D’autre part la posture de l’homme de Vitruve nous rappelle celle de Jésus sur la croix. Léonard de Vinci ne tentait-il pas en soulevant cette énigme de nous initier à la symbolique hermétique de la crucifixion ? Le Christ cloué à la croix symboliserait ainsi l’homme aliéné à la matière qui ne peut se libérer de celle-ci que par une mort à lui-même, extinction de la conscience inférieure et individuelle, pour renaître à nouveau en tant que fils de Dieu lui-même.

La question qui se pose maintenant est : De quelle manière peut-on passer du carré au cercle ? En d’autres termes comment résoudre la quadrature du cercle ? La résolution de la quadrature du cercle est un problème qui hante les mathématiciens depuis l’antiquité ; de quelle manière construire un carré et un cercle de surface équivalente en tenant compte du nombre irrationnel π ? Ce problème n’a jamais été résolu en raison de la transcendance de π. Ce qui nous amène à nous éloigner de la perspective géométrique et algébrique pour tenter de résoudre le problème sous un angle nouveau.

Adoptons une approche symbolique du problème. Quel symbole pourrait réaliser la synthèse du carré et du cercle ? Comment faire en sorte que le carré devienne un cercle ? La réponse qui s’impose est « Grâce au mouvement ! »

Et le symbole du carré en mouvement est le swastika.
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Le swastika est un carré en rotation autour d’un centre immobile. Il est tout à la fois, un symbole antique mésopotamien, chrétien, byzantin, celte, hindouiste et bouddhiste. Il représente le feu central, la lumière primordiale, les quatre éléments, les quatre forces primordiales et les quatre points cardinaux. Ce symbole renvoie également à la roue solaire dont le mouvement génère la lumière originelle, il est le symbole cosmique de la transcendance.
On peut également relever que roue mais aussi cercle se dit ‘chakra’ en sanscrit. C’est le nom des sept centres énergétiques du corps ; le coccyx, le sexe, le nombril, le cœur, la gorge, le front et la fontanelle. Mises en mouvement, ces sept roues ouvrent la porte des sept cieux qui conduisent à l’autoréalisation.

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On peut donc conclure que l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci définit à la fois les proportions anatomiques idéales du corps humain mais également la manière d’atteindre la plénitude de l’âme. Il est en cela le symbole de l’homme complet. Après tout «Mens sana in corpore sano » n’était-elle pas la devise de la renaissance ?

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